Entre Noël et Hanoukkah

3 12 2009

«Nous sommes les Borgs. Abaissez vos boucliers et rendez vous sans condition. Nous intègrerons vos caractéristiques  biologiques et technologiques aux nôtres. Votre culture s’adaptera à nos besoins. Toute résistance serait futile.» — Message envoyé à tout vaisseau qui croise la route des Borgs (Star Trek)

Pas de doute, en regardant le calendrier et les décorations dehors, noël approche! Les premiers articles de noël, je les ai vu dans le commerce déjà début septembre.

Temps d’anticipation joyeuse pour les uns, pour moi, le temps de noël est toujours un peu difficile. La plupart des gens semblent penser qu’en acceptant Yéshua comme messie, que je célèbre noël comme les chrétiens. Mais il n’en est rien, et pour être honnête, je suis toujours assez mal à l’aise à l’approche de noël.

Noël est une fête chrétienne, et je ne suis pas chrétienne. Qui plus est, ce n’est une fête biblique – mais que cet argument ne tient qu’à moitié pour moi. Je célèbre aussi Chanoukkah, qui n’est pas dans le Tanakh non plus. Mais noël célèbre la naissance d’un messie qui n’est pas le mien. Noël commémore la naissance de l’homme-dieu  de l’Eglise, un messie que je ne trouve pas tel quel dans la Bible. A cela s’ajoutent les origines un peu douteuses de cette fête.

Une théorie populaire sur les origines de noël, et pourquoi noël est fêté le 25 décembre, alors qu’il y a plus ou moins un consensus que Yéshua n’est pas né en décembre, est que l’Église ancienne a choisie cette date pour rendre le christianisme plus acceptable pour des païens qu’on voulait convertir. Autour du 25 décembre, dans le monde ancien, on fêtait les Saturnales (fêtes accompagnées de grandes réjouissances, célébrées en l’honneur du dieu Saturne, et pendant lesquelles les rôles sociales étaient inversés et les esclaves jouissaient d’une relative liberté; ils avaient le droit de parler et d’agir sans contrainte, libres de critiquer les défauts de leur maître, de se faire servir par leurs maîtres. Les tribunaux et les écoles étaient en vacances, les exécutions interdites, on s’envoyait des présents, on donnait de somptueux repas… cela n’est pas sans rappeler noël, n’est-ce pas?) et plus tard, l’empereur romain Aurélien proclama que le Soleil Invaincu était le patron principal de l’Empire romain et faisait du 25 décembre une fête officielle (dies natalis solis invicti). L’empereur Constantin fut un adepte du Soleil Invaincu et l’on peut lire souvent que la religion chrétienne aurait récupéré ensuite ce culte pour faire du 25 décembre la fête de Noël.

Une autre théorie concernant l’origine de la date de noël est émis par certains chercheur (lire l’excellent article ici) semble tout aussi plausible: Dans le christianisme primitif, on ne celébrait pas noël (une des premières documentations à propos de chrétiens célébrant noël date du 3ème/4ème siècle), mais pâques était très important – célébré au même temps que la Pâques juive. La date de la naissance de Yéshua pourrait être lié à celle de la pâque juive. Dans le Talmud, il est dit que création et rédemption devraient être à la même saison, et ainsi la conception de Yéshua devait être à la même saison que sa mort. Sa mort (rédemption) étant au printemps lors de la pâque, sa conception (création) était alors aussi pendant la même saison et sa naissance, 9 mois plus tard, aurait pu tomber en fin décembre.

Peut-être une des théories est la bonne, et peut-être c’est l’autre, et peut-être encore une combinaison des deux, je ne le sais pas. J’opterais probablement pour une combinaison des deux, on donnant plus de poids au lien création-rédemption.

Alors pourquoi ne pas célébrer noël?

La Torah dit clairement de ne pas s’assimiler aux coutumes des nations, des autres peuples. Alors que même on trouve dans le Tanakh des pratiques qui peuvent ressembler à des pratiques ou images utilisées par les peuples autour d’Israël, le commandement de se séparer restait de mise. Il est vrai qu’on ne peut pas comparer les sapins de noël, les chants et les guirlandes lumineuses aux pratiques dénoncés par la Bible qui allaient avec le culte des idoles: sacrifices (parfois humaines ou même des enfants), l’inconduite sexuelle etc. Mais il restet de fait que de célébrer noël en tant que Juif, même croyant que Yéshua est le messie, envoie un message mixte, dit que nous somes des chrétiens et non plus des juifs. Tout comme les sages importants sont commémorés dans le Judaisme, la naissance du Messie devrait aussi être commémoré et/ou étudié. Mais cette célébration, le 25 décembre, autour du sapin, est basé sur un mensonge et depuis longtemps, n’a plus rien à voir avec le Messie juif, ce Rabbin itinérant galiléeen.

Célébrer noël, s’est de s’accomoder de tout cela, c’est quelque part accepter ce que le christianisme a fait de Yéshua et de ses enseignements; c’est célébrer une fête dont les origines sont douteuses et peut-être en violation de la Torah. C’est aussi se plier au nouveau dieu, celui de la consommation outrancière et effrénée. Et, c’est aussi enlever de Hanoukkah, la fête fêtée justement contre l’assimilation dans les voies des peuples.

Pour ceux qui veulent fêter noël – je ne veux pas les critiquer, je les laisse libre de la faire; finalement, c’est entre eux et D.ieu. Mais je voudrais être libre de ne pas célébrer noël sans être regardé de travers. Je suis Juive, et je ne vais pas être assimilée.





Et il rendait tous les aliment purs?

27 11 2009

Une chose que j’entends régulièrement de la part de chrétiens -qu’ils soient théologiens, pasteurs ou juste des croyants- est que Jésus (Yéshua) aurait déclaré tous les aliments comme étant purs (en Marc 7 par exemple) et que donc, il n’est plus nécessaire d’observer des régulations alimentaires, c’est-à-dire la kashroute.

Je pense que ce passage est simplement mal compris souvent et on le fait dire des choses qui n’y sont pas. Je pense que ce passage n’est pas donc sur les aliments, mais sur ce qui rend l’homme impur.

Dans le passage de Marc 7, Yéshua mange avec des pharisiens et des enseignants de la Torah. Quelques-uns de ses disciples ne se sont pas lavés les mains avant de manger, et quelques pharisiens en étaient offensés, ou du moins étonnés.

En fait, au temps de Yéshua, les prêtres étaient obligés d’être rituellement purs, et donc devaient laver leurs mains régulièrement. Dans un souci de sanctification personnelle et en essayant d’amener une part de la sainteté du temple à la maison, des pharisiens ont commencé d’introduire la coutume du lavement des mains aussi à la maison avant de manger, surtout avant de manger du pain.  Hillel avait d’ailleurs déclaré que chacun avait des mains impures car on ne pouvait pas savoir si les mains étaient vraiment pures (qu’avait-on touché? qu’avait touché la personne qu’on a peut-être touché?). La purification des mains est devenue systématique avant le repas, qu’il s’agisse de sacrifices, de Terouma (prélèvement des récoltes qu’on devait donner au prêtre et que ce dernier devait manger en état de pureté. ) ou d’aliments ordinaires. Cette exigence n’a été fixée que pour la consommation du pain, car c’est justement à l’état de pain que la Terouma était généralement consommée, le pain étant l’élément principal de la nourriture. Il est très bien possible qu’au temps de Yéshua, pas tout le monde observait encore cette « nouvelle » coutume, ce qui pourrait expliquer pourquoi certains des disciples de Yéshua se lavaient les mains, et d’autres pas.

Si les mains étaient effectivement impures, et on touchait la nourriture avec ces mains, la nourriture aussi serait devenu impure (imaginez un virus qui se propage, ou de la saleté qu’on transmet).

C’est dans un tel contexte que Yéshua explique que ce n’est pas une telle nourriture qui rend l’homme impur, mais ce qui rend l’homme impur, ce sont les mauvaises choses qui sortent de son cœur. Ce qui veut dire que ici Yéshua, n’a aucunement permis à ces disciples de manger n’importe quel aliment comme le porc ou les crevettes. Le débat ici n’est pas au sujet de la nourriture kashère, ou ce qui rendrait la nourriture kashère treif, mais sur ce qui rend l’homme impur. En Matthieu, Yéshua a d’ailleurs dit que rien de la Torah ne passerait, même pas un yod, avant que le ciel et la terre ne passent – et en ce qui me concerne, le ciel et la terre n’ont pas encore passé.

On pourrait aussi encore ajouter quelques considérations linguistiques:
en hébreu, il y a le mot tamai qui décrit une impureté intrinsèque, et tahor qui veut dire propre ou pur. En grec, il y a deux mots pour exprimer l’impureté, koinos et akathartos. Koinos désigne ce qui est rituellement impur (un aliment kashère peut donc être koinos, tout comme une personne, jusqu’à ce qu’on la purifie), tandis qu’akathartos désigne la même impureté intrinsèque que le mot hébreu tamai (quelque chose qui est akathartos ne peut pas être rendu pur; des animaux considérés comme tamai sont des reptiles, des porcs ou des chauve-souris qui sont en oppositions à des animaux considérés comme tahor – par exemple des bœufs et des moutons qui sont admis comme sacrifices).

La nourriture (kashère!) qu’avaient mangé les disciples sans se laver les mains ne les ont donc rendus impurs car l’omission du lavement des mains ne l’aurait pas rendu intrinsèquement impur mais à mon avis, Yéshua ne parle pas ici de ce que les disciples peuvent tout manger, mais des choses qui rendent véritablement impur l’humain: les mauvaises choses qui sortent de son cœur. Il n’y a donc pas de débat sur les règles alimentaires ici; Yéshua et ses disciples étaient et restaient des Juifs de leur temps, et alors que Yéshua mettait en question parfois certaines interprétations de la loi et certaines pratiques, et mettait en avant l’éthique plus que le rituel, mais jamais il ne mettait en doute l’autorité de la Torah.





Dieu a crée la femme, la femme a crée le foyer.

11 11 2009

the-mezuzah-at-the-entry-to-the-kotel-plaza-susan-heller“Tu les écriras sur les montants de la porte et aux portes de tes villes.” (Dt 6,9 NBS)

Généralement, il est connu que le judaïsme est plus orienté vers la sanctification du temps, plutôt que celle de l’espace (il suffit de lire la très belle œuvre de Heschel sur le Shabbat pour s’en rendre compte). Il y a de nombreux temps que nous sanctifions, mais très rarement c’est des endroits. Mais comme pour toute les règles, il y a une exception très spéciale aussi ici: le foyer juif, qui est sanctifié par la mitzvah de la mezuzah, qui est un commandement biblique se trouvant en Dt. 6.

Mais qu’est-ce qui rend un foyer juif? Est-ce le seul fait d’avoir des mezuzot? J’ose dire que non. Le foyer juif est crée par ceux qui vivent dedans – par leurs actions, leur langage, leur croyances et leur foi, leurs pensées, les choses qu’ils font ou ne font pas.

La communauté est très importante, mais la base de la communauté a toujours été -et l’est toujours- le foyer, la famille. Un foyer, c’est plus que juste quatre murs et un toit, plus qu’un endroit où l’on mange et dort.

Le foyer juif est appelé un miqdash me’at, un petit sanctuaire. Le premier sanctuaire qu’avaient les Israélites était le tabernacle dans le désert. Dieu leur avait commandé en Ex. 25,8 de construire ce sanctuaire pour lui, afin qu’il puisse demeurer au milieu d’eux. Le mot utilisé pour dire « au milieu d’eux », בתוכם betocham, peut aussi être traduit par “en eux”. Cela signifie que Dieu n’habite pas littéralement le sanctuaire, mais habite parmi le peuple d’Israël. Ainsi, les Sages ont expliqué qui Dieu demeure dans le cœur de chaque Juif, femme et homme, et qu’ainsi, chaque personne est sanctifiée tout comme le foyer qu’elle habite.

Après le sanctuaire du désert, le peuple Juif avait le temple de Jérusalem, et après sa destruction, c’est foyer qui était désigné comme le « petit sanctuaire », n’étant pas seulement la place où l’on vit, mais un endroit pour des activités telles que l’étude de la Torah, la prière, ou encore des rassemblements. Si vous avez déjà été dans un foyer juif, vous aurez certainement remarqué que des livres (et souvent beaucoup) font presque partie des meubles, et que des prières et bénédictions sont récités tout au long de la journée, du lever jusqu’au coucher. La table autour duquel la famille se ressemble remplace l’autel du Temple et ainsi, manger ensemble devient plus que simplement se nourrir. Le foyer est donc le premier endroit non seulement pour la nourriture physique, mais aussi pour la nourriture spirituelle où enfants et adultes apprennent ensemble les valeurs de la Torah, et idéalement étudient et prient ensemble – sans oublier le bon temps et les rires!

Quelque chose d’autre qui est d’une grande importance pour le foyer juif et la paix de la maison, le shalom bayit. C’est à la maison que nous sommes le plus tentés de nous laisser nous emporter. Tandis qu’à la maison, nous pouvons être nous-mêmes, sans nos masques, nous devrions aussi chercher la paix et les justes relations ainsi que le respect entre générations à la maison, chez nous. Cette paix va alors, pour ainsi dire, « déborder » dans nos relations en dehors de notre foyer: au travail, avec des inconnus, ou dans nos communautés. Le Talmud met en garde contre les dangers des dissensions dans le foyer (« La colère dans le foyer est comme les vers dans le grain » Sotah 3b, « Un foyer avec dissensions ne perdurera pas » Derekh Eretz Zutah 9:12).

Shalom. Paix. La paix est essentielle. Yeshua lui-même a dit « heureux les artisans de paix », et Paul a aussi a émis des mises en garde « Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez, si vous vous dévorez les uns les autres, prenez garde de ne pas être détruits les uns par les autres » (Gal. 5, 14-15, NBS). ces mises en garde sont valables pour la communauté, mais aussi pour le foyer – nos vie et nos foyers devraient être des reflets du Prince de la Paix, et la paix du Shabbat devrait remplir la semaine entière. Dans un tel foyer, des visiteurs ne seront pas seulement accueillies, mais se sentiront vraiment bienvenue. L’hospitalité est une valeur juive fondamentale, une grande vertu mentionné dans le Tanach (L’Ancien Testament pour les chrétiens) et le Nouveau Testament, et le Talmud babylonien stresse l’importance de l’hospitalité en étant une de certaines vertus très importantes (Shabbat 127a: Il y a six vertues  desquelles l’homme mangera le fruit dans ce monde, tandis que le principal reste le monde à venir: l’hospitalité pour les voyageurs, visiter les malades, la contemplation dans la prière, être tôt au Bet Midrash, elever ses fils dans l’étude de la Torah, et de juger ses voisins selon ses mérites).

Ainsi, le foyer juif est réellement un petit sanctuaire. Comme le temple, il est un centre pour l’étude de la Torah, la prière et la bonté et là, la présence divine est présente – dans le foyer, et dans ceux qui l’habitent. L’idée que Dieu habite dans ceux qui habitent un tel foyer peut être trouvé dans la Torah, mais aussi dans le Nouveau Testament où l’on peut lire que le corps du croyant est le temple du Saint-Esprit.

Dieu déverse ses bénédictions dans ce foyer, de où ils vont s’étendre dans le monde, partage à travers l’hospitalité et des actes de bonté et de compassion. Et non seulement le croyant et son foyer sont un sanctuaire, mais notre Dieu lui-même  est notre sanctuaire qui va avec nous partout où nous sommes: « A cause de cela, dis: ainsi parle le Seigneur DIEU: même si je les ai dispersés dans tous les pays, j’ai été pour eux, un petit sanctuaire dans les pays où ils sont venus » (Ez. 11,16 NBS).





Hébreu, vous dites?

27 10 2009

15132L’alphabet hébreu (qui s’appelle d’ailleurs aleph-bet en hébreu) est composé de 22 lettres, dont certaines se ressemblent passablement et 5 ont des formes spéciales quand elles se trouvent en fin de mot – ce sont kaf, mem, nun, pé et tzadé.

A l’origine, l’hébreu ne notait pas les voyelles. Imaginez donc qu’au leu d’écrire « Mère », on n’écrivit que « mr ». Était-ce alors mère, mer, mur? Quand l’hébreu cessait d’être parlé, il fallait donc bien connaître l’hébreu pour savoir placer les voyelles. Pour cette raison le système de notation vocalique, que j’avais déjà mentionné avant, était inventé par les massorètes. Ceci permettait de noter les voyelles sans changer quelque chose au texte. Les voyelles sont notés par des différents traits et points qu’on place sous la lettre. Pour cette raison, ces signes s’appellent points-voyelles. On lit en principe d’abord la consonne, puis la voyelle.

Et voici un aspect un peu de l’hébreu, mais qui est quand même caractéristique pour l’hébreu: le verbe. Je ne veux vous faire ici une introduction détaillée, mais juste vous donner une petite idée du fonctionnement. La question des verbes constitue certainement une des choses les plus difficiles dans l’apprentissage de l’hébreu.

En hébreu, les verbes se composent de trois consonnes qui en forment la racine. Ces consonnes sont appelées les radicales. L’une ou l’autre de ces radicales peuvent être ce qu’on appelle “faibles” et et disparaître au cours de la conjugaison. L’hébreu n’exprime pas les temps comme nous le faisons en français ou allemand par exemple, en distinguant relativement clairement entre passé, présent ou futur. L’hébreu connait deux « temps, l’accompli et l’inaccompli, mais ce ne sont pas vraiment des temps, car ils expriment l’aspect de l’action plutôt que sa situation dans le temps: l’action a-t-elle été accompli (dans le passé), ou est-ce qu’elle est encore inaccompli, donc dans le présent ou le futur?

Ainsi, il n’est pas exemple pas toujours facile de savoir si une action est au présent ou au futur, ce qui génère passablement de difficultés pour la traduction. Dans ces cas, et beaucoup d’autres, il faut donc se référer au contexte pour vraiment savoir, et l encore, ce n’est pas toujours clair. Un exemple pour ces difficultés serait le passage de Jérémie 31,3:  Dans beaucoup de traductions on pourra lire quelque chose du genre: Le Seigneur m’est apparu de loin en disant: je t’ai aimé d’un amour éternel, c’est pourquoi je te suis resté fidèle. »

Si l’on traduit l’hébreu mot par mot, on aurait « De loi, Dieu s’est laissé voir à moi et d’un amour de toujours je t’aime c’est pourquoi je te conserve fidélité. » dans l’hébreu, il n’y a ni point ni virgule, et  juste du texte et du contexte, il est difficile de savoir qui aime qui ici. Est-ce que Dieu aime depuis toujours? Ou est-ce que Jérémie a toujours aimé Dieu et lui est donc resté fidèle? Il y a donc des traductions qui optent pour une solution, et des qui optent pour l’autre. Dans le cas de Jérémie, j’opterais pour Dieu qui aime depuis toujours car l’homme n’est guère capable d’avoir un amour éternel. Mais il y a de nombreux cas comme celui-là, voir bien plus difficile, et c’est là une des raisons pourquoi il y a tant de différentes traductions différentes de la Bible, et que le métier de traducteur n’est pas toujours facile.

Alors que l’Ancien Testament a été écrit en hébreu -à part pour des parties de Daniel et Ézéchiel qui sont en araméen-, le Nouveau Testament l’a été en grec.

Certains chercheurs pensent que des livres du Nouveau Testament auraient existé et été écrit en hébreu ou araméen, mais ce n’est pas sur. Pour contre, même si le Nouveau testament a été écrit en grec, on y trouve beaucoup de formes et de façons de penser hébraïques, que ce soit dans les évangiles ou chez Paul. En effet, certains passages et expressions ne peuvent être compris sans l’hébreu qui se cache derrière, comme avec le fameux « mauvais œil » qui n’a rien de magique et de secret. C’est simplement une expression hébraïque: celui qui a le mauvais œil est avare, celui qui a le bon œil est généreux.





L’hébreu, une langue sémitique

26 10 2009

semiticL’Hébreu fait partie de la famille des langues sémitiques. On parle de langue sémitique à cause d’un texte de la Genèse qui attribue un ancêtre commun, Shem, à divers peuples qui recoupent plus ou moins la zone où ces langues sont (ou étaient) parlés. Ces langues ont en commun un certain nombre de caractéristiques qui les distinguent des langues indo-européennes comme le français, l’anglais et l’allemand. Parmi les langues sémitiques, plusieurs sont encore parlées aujourd’hui comme par exemple, outre l’hébreu, l’arabe et l’éthiopien.

L’hébreu fait partie des langues sémitiques qui sont une famille de langues avec des nombreuses branches, telles que le babylonien, l’assyrien, l’ougaritique, le cananéen, l’arabe ou encore l’éthiopien. On distingue trois groupes de langues sémitiques en les classant géographiquement.  La répartition géographique de certaines de ces langues a beaucoup varié au cours du temps.

Nord-Est: akkadien.
Sud: Le groupe du Sud comporte l’arabe, et aussi l’éthiopien ancien et moderne.
Nord-Ouest: L’ougaritique, langue parlée dans la ville d’Ougarit. L’araméen, qui évolue du 9ème siècle avant notre ère jusqu’à aujourd’hui. Cette langue était, dès la pleine période biblique, la langue officielle de l’empire perse et était donc très répandue et on la retrouve dans quelques textes bibliques. Au temps de Jésus, c’est la langue parlée en Palestine. Finalement, l’hébreu qui avait plusieurs variantes et dialectes, aussi concernant la prononciation. Dans le texte de Juges 12, Jephté de Galaad est attaqué par les Ephraimites sur son territoire. Après la victoire, les hommes de Jephté tiennent le gué qui permet aux Ephraimites de battre en retraite. Chaque fois qu’un Ephraimite arrive à cet endroit et demande le passage tout en niant être Ephraimite, on lui demande de prononcer le mot Shibolèt signifiant épi. Mais les Ephraimites n’y arrivent pas, car ils prononcent un shin comme un sin -> Sibolèt. Ils sont découverts et tués.

Les langues sémitiques ont un certain nombre de caractéristiques en commun, qui en font une famille relativement cohérente. Voici quelques-unes de ces caractéristiques, qu’on trouve aussi en hébreu.

* Les mots sont formée de ce qu’on appelle une racine consonantique, donc une sorte d’ossature consistant généralement de trois consonnes. Cette racine exprime l’idée générale du mot. Un certain nombre de consonnes et de voyelles permettent de préciser le sens du mot, et donc d’indiquer s’il s’agit d’un nom, d’un verbe, son temps, sa fonction dans la phrase etc.
* Les langues sémitiques sont liées entre elles par tout un vocabulaire spécifique. Par exemple, le terme mèlèk = roi en hébreu correspond à l’arabe malik, trois consonnes m-l-k. Ce vocabulaire commun nous est très utile pour définir le sens de nombreux termes hébreux rares dans la Bible hébraïque. A partir du vocabulaire des autres langues sémitiques, on peut souvent retrouver le sens du mot hébreu et ce malgré l’évolution différente de ces diverses langues.
* Les langues sémitiques ne définissent pas les temps des verbes (passé, présent, futur) aussi strictement que dans notre langue, mais qu’on ne trouve plus par exemple dans l’hébreu moderne.
* On trouve aussi des tournures de phrases caractéristiques que l’on ne peut pas rendre telles quelles en français. Ainsi, littéralement, Gn 12,7 donne “Il dit pour-ta-descendance je-donne la-terre la-celle-ci” = “Il dit: je donne cette terre à ta descendance”.

Les premières inscriptions connues en hébreu apparaissent au 10ème siècle av. J-C. Et là, on parle de paléohébreu. Les lettres sont différentes.

L’hébreu que l’on trouve dans la Bible hébraïque est de différentes époques. On estime que les textes les plus anciens remontent aux alentours du 10ème s. av. (poème de Déborah) et que les plus récents datent de l’époque hellénistique au 2ème siècle (Daniel). Si vous avez essayé une fois de lire du français du 13ème siècle, vous vous rendez compte à quel point la langue peut évoluer en 800 ans. D’une certaine manière, on peut donc dire que plusieurs hébreux différents se côtoient dans la Bible hébraïque.

L’hébreu a continué à évoluer après la période biblique. 400 ap. J-C. On parle d’hébreu mischnique, c’est la langue des rabbins. Suit la langue des Juifs du moyen-âge, parmi lesquels Rachi, le fameux exégète français, dont les textes permettent souvent de retrouver la prononciation du vieux français. C’est de cet hébreu-là qu’est issu l’ivrit, l’hébreu moderne. La langue parlée aujourd’hui dans l’état d’Israël (une langue qui évolue encore beaucoup aujourd’hui) n’est par contre plus vraiment une langue sémitique à proprement dire.





Yom Kippour

28 09 2009

yom_kippur23

Et ceci
sera pour vous
une loi éternelle,
pour toujours

Jour le plus redoutable,
jour solennel,
jour saint,
jour de mortfication de l’âme

Purifie!
purifiez, purifié
réconcilié et pardonné
par ta grâce

Pardonnés, sauvés
comme une nouvelle année pour l’âme
lavée dans le Mikvé du pardon
comme sortant de la matrice de la Mère

Rédemption de l’âme
qui s’envole en liberté…

g’mar chatimah tovah





Le Rabbin de Nemerov – Une histoire de Rosh HaShana

17 09 2009

dubrovChaque vendredi matin, à l’heure des prières de pénitence, le Rabbin de Nemerov disparaissait. On ne le voyait nulle part – ni à la synagogue, ni à la maison d’étude, et pas non plus à la maison.

Mais où pouvait-il être? Un homme comme le Rabbin était sûrement monté au ciel, car pendant Rosh Hashana, un rabbin avait beaucoup à faire, plaider la cause des membres de sa communauté devant Dieu. Du moins, c’était ce que pensaient les gens.

Et puis un jour, un Litvak est arrivé. C’était un homme versé dans la loi, respectant chaque loi mais manquant des fois un peu de chaleur -et de croyance en de tel miracles! En entendant que les gens de Nemerov croyaient que leur Rabbin était monté au ciel, il riait, tout en leur disant qu’il ne pouvait pas savoir où était leur rabbin et que d’ailleurs, ce n’était pas son problème.

Mais comme il était quand même curieux, il décida de se cacher sous le lit du rabbin pour savoir comment celui-ci passait sa journée. Il se cacha donc après les prières du soir sous le lit et y passa toute la nuit et pour ne pas s’endormir, il récitait des écrits rabbiniques.

Le matin, à l’heure des prières, le rabbin se lève et fait ce qu’un juif fait d’habitude le matin. Du coup, le Litvak avait quand même un peu peur: être seul avec un rabbin, à l’heure des prières de pénitence! Mais comme il était têtu, il restait où il était, tout en tremblant.

Puis, le rabbin alla vers son armoire et prit des vêtements de paysan qu’il mettait: des pantalons de lin, des grosses bottes, un manteau, un grand chapeau de feutre et une ceinture large de laquelle pendait une grande corde. A la cuisine, il prit une hache qu’il attacha à sa ceinture, et, habillé de la sorte, il quitta la maison. Le Litvak le suivit , toujours caché.

Il faisait presque encore nuit, et depuis la synagogue on entendait les prières de pénitence et des fois quelques pleurs qui les accompagnaient. Le rabbi passait par les petites rues et quitta le village. Il entra dans la forêt et là, il commença de couper des arbres, et ensuite découper le bois en de petits morceaux, comme le bois et le petit bois pour le feu. Il prit ce bois et retourna au village. Là, il s’arrêta vers une petite maison toute délabrée et toqua à la fenêtre.

« Qui est là? » demanda une voix fragile. C’était une vieille femme juive malade.

« C’est moi, Vassil », répondit le rabbin avec un accent de paysan.

« Qui est Vassil, et qu’est-ce que tu veux ?» répliqua la femme.

« J’ai du bois pour le feu à vendre, pas cher, très bon marché » répondit-il, et sans attendre, il entra dans la maison.

La femme était couché sur le lit, enveloppé de haillons, misérable, se plaignant: « Mais comment vais-je pouvoir acheter? Comment une pauvre veuve pourrait avoir de l’argent? »

« Oh, je vais te le prêter », dit le rabbin, « c’est seulement 2 centimes. »

« Et comment je vais faire pour te rendre ton argent? » dit la pauvre femme, en soupirant.

« Mais! Tu vois, tu es une Juive pauvre et malade, et je te fais confiance pour ce peu de bois. Et toi, tu as un Dieu si grand, tu ne lui ferais pas confiance pour deux centimes? »

« Et qui va allumer le feu? Mon fils est au travail. »

« C’est moi qui veut le faire. »

Et en allumant le feu, le rabbin prononça la première partie de prières de pénitence en gémissant, puis la deuxième partie un peu plus joyeux. Quand le feu est prêt, il récita la troisième portion.

En voyant tout cela, le Litvak décoda de devenir un disciple du rabbin. Et quand les autres gens lui demandaient si leur rabbin montait au ciel pendant les prières de pénitence, il ne riait plus mais ajouta avec une voix calme: « Probablement encore plus loin. »





La transmission de la Bible hébraïque

16 09 2009

tetragrmLe Tanakh (Ancien Testament) a été écrit sur une période de plusieurs siècles. Comme une langue parlée ne reste pas pareille pendant un temps si long, ce qu’on appelle « hébreu biblique » est une variante de la langue parlée qui a été élevée au rang de norme et a ainsi gagné le statut d’une langue écrite fixe. Cet hébreu biblique est probablement le plus proche de l’hébreu du temps des rois (avant 587 avant Jésus-Christ, début de l’exil babylonien). Après l’exil, l’hébreu a été beaucoup influencé par d’autres langues – surtout par l’araméen, mais aussi par le perse et le grec. L’hébreu des écritures a été, pour la plupart, épargné de ces influences que l’on trouve dans l’hébreu rabbinique de la Mishnah ( משנה, répétition; la Mishnah compile les différentes traditions orales, leurs polémiques et leurs résolutions autour des traditions religieuses du judaïsme rabbinique et qui forme la base du Talmud, une compilation de décisions concernant la législation, éthique, histoire et coutume juive) par exemple. Il est difficile de dire à quel moment l’hébreu (“biblique”) a cessé d’exister complètement en tant que langue parlée, mais c’était probablement à l’époque des révoltes contre l’occupant romain pendant les deux premiers siècles de notre ère.

L’hébreu fait partie des langues sémitiques qui sont une famille de langues avec des nombreuses branches, telles que le babylonien, l’assyrien, l’ougaritique, le cananéen, l’arabe ou encore l’éthiopien.

La transmission du texte biblique a d’abord été complètement -ou presque complètement- sans voyelles. La prononciation a été transmis oralement. Quand les Hébreux partaient -ou étaient forcés de partir- d’Israël, la façon de lire ces textes changeait probablement de plus en plus par rapport à la lecture qui a pu exister avant l’exil. Le texte consonantique a trouvé sa forme finale seulement au cours du premier siècle, et à partir de ce moment les textes existants n’ont pas beaucoup de variations (il en est bien différent concernant les textes datant d’avant cette époque). Des savants juifs qu’on appelle « Massorètes » (hébreu  בעלי המסורה ba’alei hamassora, « maîtres de la tradition » ), qui ont fidèlement transmis le texte écrit, ont commencé, au 10ème siècle, de développer un système de notation pour mettre par écrit les voyelles sans, par ajout des voyelles, devoir changer le texte consonantique considéré comme sacré. Avant les massorètes, c’étaient les soferim, les scribes de l’ère du deuxième temple (donc approximativement le temps pendant lequel a aussi vécu Jésus), qui ont déterminé l’ordre des livres dans la Bible, ainsi que les sections de lecture appelés parasha (pluriel parshiyot) et les versets.

Deux traditions différentes existent déjà parmi les Juifs à cette époque : celle qui est prônée par le centre babylonien et celle du centre galiléen. La tradition galiléenne l’emportera sur celle des Babyloniens, à l’exception du cycle de lecture de la Torah, triennal (sur trois ans) en terre d’Israël, annuel en Babylonie (et dans l’ensemble des communautés juives orthodoxes aujourd’hui). Il y avait plusieurs écoles de massorètes, mais c’est celle d’Aharon ben Asher de Tibériade (ville située au lac de Galilée) qui a été érigé en norme. C’est sur ce système que sont basés les textes avec lesquels les exégètes travaillent aujourd’hui. La BHS, (Biblia Hebraica Stuttgartensia) qui est l’édition standard de la Bible hébraïque (et à partir de laquelle sont en principe fait les traductions de Bible en d’autres langues), est basée sur un tel manuscrit Ben-Asher, datant de l’an 1008/9 et qui se trouve maintenant à Leningrad. D’autres marques ont été introduit plus tard par d’autres savants, tel que des signes d’accentuation ou le qétib-qeré (quand un mot se trouve dans le texte consonantique et qui ne doit pas être changé par respect pour le texte, mais qu’un autre mot doit être lu; la vocalisation du texte est à utiliser avec ce qui se trouve écrit dans les marges).





Hébreu et Pensée Hébraïque

15 09 2009

KingDavid-Chagall Pour bien comprendre la Bible -le Tanakh (Ancien Testament dans les bibles chrétiennes), mais aussi le Nouveau Testament- il est bien de s’intéresser un peu à l’hébreu et à la pensée hébraïque, si différente de la nôtre (du moins pour le chrétien moyen occidental). Et même si le Nouveau Testament a bien été écrit en grec, on y trouve de nombreux hébraïsmes (L’hébreu contient de nombreux idiomes caractéristiques des langues sémitiques et difficiles à traduire dans d’autres langues).

Les anciens hébreux étaient un peuple robuste, énergétique et des fois aussi turbulent qui passaient une bonne partie de leur vie dehors: ils étaient pécheurs, paysans, artisans, commerçants et des fois guerriers qui vivaient pleinement leur vie. Le vocabulaire utilisé par les auteurs bibliques reflète cela – c’est un vocabulaire dynamique et centré sur l’action. On n’y trouve pas tant des développements philosophiques à l’instar des écrivains grecs, mais des récits d’un peuple en mouvement qui décrivent les actions des gens tout comme celles de Dieu. Ainsi par exemple, la vérité ou l’amour ne sont pas juste des concepts abstraits à contempler, ou la compassion un sentiment, mais ce sont des actions à faire, une expérience à vivre qui concerne les relations avec le prochain et avec Dieu. Ainsi, même seulement d’apprendre juste un tout petit d’hébreu permet de regarder un peu au-dedans, au lieu de regarder à travers le télescope d’une version.

Le style de vie des Hébreux, centré sur l’action, est aussi visible dans la grammaire et la structure de la phrase. En français, il y a en principe d’abord le nom, suivi par le verbe – mais dans les récits en hébreu c’est souvent le verbe qui se trouve au début de la phrase:

Français: Dieu créa la terre.
Hébreu: Il créa (c’est-à-dire) Dieu la terre.
ברא אלהים את-הארץ

L’emphase (l’accent) en hébreu est en principe sur le début de la phrase et ainsi, l’auditeur (ou aujourd’hui, le lecteur) est tout de suite confronté à une forme verbale même avant de savoir qui ou quoi est le sujet.

L’hébreu est une langue marqué par l’action, mais aussi des sens. Les hébreux ne paraissent pas comme un peuple de philosophes, mais comme des gens agissants et pleins d’émotions, vivants dans le maintenant. Premièrement, les mots en hébreu désignent des choses concrètes, des actions et des mouvements, et seulement secondairement on peut en dériver des concepts métaphysiques et des idées et des conceptions plus abstraites. Ainsi, « regarder » est lever ses yeux, « être en colère » est avoir les narines/le nez qui s’enflamme, manquer de compassion c’est d’avoir un cœur dur.

Qui plus est, les hébreux se référaient à Dieu souvent en utilisant des anthropomorphismes (venant du grec: anthropos, homme et morphe, forme), c’est-à-dire des représentations de Dieu avec des attributs humains, comme « le doigt de Dieu » (Ex. 31, 18) ou le « bras de Dieu » (Es. 59, 1), ou encore les « yeux de Dieu » (Pr. 15, 3). Dieu est un Dieu actif et vivant, et non une entité abstraite et impersonnelle.

Dans la pensée hébraïque, l’essence de la vraie piété est lié à la juste relation avec Dieu et son prochain, et non à une confession de foi: Dieu est le Seigneur d’Israël, et Israël est le peuple de Dieu. La Torah donne des direction au peuple d’Israël sur le comment de la juste relation avec son Créateur, avec les humains et avec la création entière. Le péché rompt ces relations, mais la repentance mène au pardon et à la restauration de la relation juste. Ainsi, on trouve aussi dans le Nouveau Testament cette insistance sur la relation, et pas d’abord sur des points doctrinaux.

Les Hébreux étaient un peuple passionné et plein d’émotions, on pourrait aussi dire « viscéral ». Ils liaient des sentiment aux différents organes – dans son cœur une personne peut aimer ou craindre ou encore pécher, dans les intestins elle peut ressentir de l’angoisse, ou dans les reins, elle peut se réjouir. De la même façon, dans le Nouveau Testament, une personne peut croire avec tout son coeur (Rm. 10, 10), ou tomber sous le jugement quand Dieu sonde ses reins (Ap. 2, 23): la personne est considéré comme une unité indivisible.