«Nous sommes les Borgs. Abaissez vos boucliers et rendez vous sans condition. Nous intègrerons vos caractéristiques biologiques et technologiques aux nôtres. Votre culture s’adaptera à nos besoins. Toute résistance serait futile.» — Message envoyé à tout vaisseau qui croise la route des Borgs (Star Trek)
Pas de doute, en regardant le calendrier et les décorations dehors, noël approche! Les premiers articles de noël, je les ai vu dans le commerce déjà début septembre.
Temps d’anticipation joyeuse pour les uns, pour moi, le temps de noël est toujours un peu difficile. La plupart des gens semblent penser qu’en acceptant Yéshua comme messie, que je célèbre noël comme les chrétiens. Mais il n’en est rien, et pour être honnête, je suis toujours assez mal à l’aise à l’approche de noël.
Noël est une fête chrétienne, et je ne suis pas chrétienne. Qui plus est, ce n’est une fête biblique – mais que cet argument ne tient qu’à moitié pour moi. Je célèbre aussi Chanoukkah, qui n’est pas dans le Tanakh non plus. Mais noël célèbre la naissance d’un messie qui n’est pas le mien. Noël commémore la naissance de l’homme-dieu de l’Eglise, un messie que je ne trouve pas tel quel dans la Bible. A cela s’ajoutent les origines un peu douteuses de cette fête.
Une théorie populaire sur les origines de noël, et pourquoi noël est fêté le 25 décembre, alors qu’il y a plus ou moins un consensus que Yéshua n’est pas né en décembre, est que l’Église ancienne a choisie cette date pour rendre le christianisme plus acceptable pour des païens qu’on voulait convertir. Autour du 25 décembre, dans le monde ancien, on fêtait les Saturnales (fêtes accompagnées de grandes réjouissances, célébrées en l’honneur du dieu Saturne, et pendant lesquelles les rôles sociales étaient inversés et les esclaves jouissaient d’une relative liberté; ils avaient le droit de parler et d’agir sans contrainte, libres de critiquer les défauts de leur maître, de se faire servir par leurs maîtres. Les tribunaux et les écoles étaient en vacances, les exécutions interdites, on s’envoyait des présents, on donnait de somptueux repas… cela n’est pas sans rappeler noël, n’est-ce pas?) et plus tard, l’empereur romain Aurélien proclama que le Soleil Invaincu était le patron principal de l’Empire romain et faisait du 25 décembre une fête officielle (dies natalis solis invicti). L’empereur Constantin fut un adepte du Soleil Invaincu et l’on peut lire souvent que la religion chrétienne aurait récupéré ensuite ce culte pour faire du 25 décembre la fête de Noël.
Une autre théorie concernant l’origine de la date de noël est émis par certains chercheur (lire l’excellent article ici) semble tout aussi plausible: Dans le christianisme primitif, on ne celébrait pas noël (une des premières documentations à propos de chrétiens célébrant noël date du 3ème/4ème siècle), mais pâques était très important – célébré au même temps que la Pâques juive. La date de la naissance de Yéshua pourrait être lié à celle de la pâque juive. Dans le Talmud, il est dit que création et rédemption devraient être à la même saison, et ainsi la conception de Yéshua devait être à la même saison que sa mort. Sa mort (rédemption) étant au printemps lors de la pâque, sa conception (création) était alors aussi pendant la même saison et sa naissance, 9 mois plus tard, aurait pu tomber en fin décembre.
Peut-être une des théories est la bonne, et peut-être c’est l’autre, et peut-être encore une combinaison des deux, je ne le sais pas. J’opterais probablement pour une combinaison des deux, on donnant plus de poids au lien création-rédemption.
Alors pourquoi ne pas célébrer noël?
La Torah dit clairement de ne pas s’assimiler aux coutumes des nations, des autres peuples. Alors que même on trouve dans le Tanakh des pratiques qui peuvent ressembler à des pratiques ou images utilisées par les peuples autour d’Israël, le commandement de se séparer restait de mise. Il est vrai qu’on ne peut pas comparer les sapins de noël, les chants et les guirlandes lumineuses aux pratiques dénoncés par la Bible qui allaient avec le culte des idoles: sacrifices (parfois humaines ou même des enfants), l’inconduite sexuelle etc. Mais il restet de fait que de célébrer noël en tant que Juif, même croyant que Yéshua est le messie, envoie un message mixte, dit que nous somes des chrétiens et non plus des juifs. Tout comme les sages importants sont commémorés dans le Judaisme, la naissance du Messie devrait aussi être commémoré et/ou étudié. Mais cette célébration, le 25 décembre, autour du sapin, est basé sur un mensonge et depuis longtemps, n’a plus rien à voir avec le Messie juif, ce Rabbin itinérant galiléeen.
Célébrer noël, s’est de s’accomoder de tout cela, c’est quelque part accepter ce que le christianisme a fait de Yéshua et de ses enseignements; c’est célébrer une fête dont les origines sont douteuses et peut-être en violation de la Torah. C’est aussi se plier au nouveau dieu, celui de la consommation outrancière et effrénée. Et, c’est aussi enlever de Hanoukkah, la fête fêtée justement contre l’assimilation dans les voies des peuples.
Pour ceux qui veulent fêter noël – je ne veux pas les critiquer, je les laisse libre de la faire; finalement, c’est entre eux et D.ieu. Mais je voudrais être libre de ne pas célébrer noël sans être regardé de travers. Je suis Juive, et je ne vais pas être assimilée.
“Tu les écriras sur les montants de la porte et aux portes de tes villes.” (Dt 6,9 NBS)
L’alphabet hébreu (qui s’appelle d’ailleurs aleph-bet en hébreu) est composé de 22 lettres, dont certaines se ressemblent passablement et 5 ont des formes spéciales quand elles se trouvent en fin de mot – ce sont kaf, mem, nun, pé et tzadé.

Chaque vendredi matin, à l’heure des prières de pénitence, le Rabbin de Nemerov disparaissait. On ne le voyait nulle part – ni à la synagogue, ni à la maison d’étude, et pas non plus à la maison.
Le Tanakh (Ancien Testament) a été écrit sur une période de plusieurs siècles. Comme une langue parlée ne reste pas pareille pendant un temps si long, ce qu’on appelle « hébreu biblique » est une variante de la langue parlée qui a été élevée au rang de norme et a ainsi gagné le statut d’une langue écrite fixe. Cet hébreu biblique est probablement le plus proche de l’hébreu du temps des rois (avant 587 avant Jésus-Christ, début de l’exil babylonien). Après l’exil, l’hébreu a été beaucoup influencé par d’autres langues – surtout par l’araméen, mais aussi par le perse et le grec. L’hébreu des écritures a été, pour la plupart, épargné de ces influences que l’on trouve dans l’hébreu rabbinique de la Mishnah ( משנה, répétition; la Mishnah compile les différentes traditions orales, leurs polémiques et leurs résolutions autour des traditions religieuses du judaïsme rabbinique et qui forme la base du Talmud, une compilation de décisions concernant la législation, éthique, histoire et coutume juive) par exemple. Il est difficile de dire à quel moment l’hébreu (“biblique”) a cessé d’exister complètement en tant que langue parlée, mais c’était probablement à l’époque des révoltes contre l’occupant romain pendant les deux premiers siècles de notre ère.
Pour bien comprendre la Bible -le Tanakh (Ancien Testament dans les bibles chrétiennes), mais aussi le Nouveau Testament- il est bien de s’intéresser un peu à l’hébreu et à la pensée hébraïque, si différente de la nôtre (du moins pour le chrétien moyen occidental). Et même si le Nouveau Testament a bien été écrit en grec, on y trouve de nombreux hébraïsmes (L’hébreu contient de nombreux idiomes caractéristiques des langues sémitiques et difficiles à traduire dans d’autres langues).
Et il rendait tous les aliment purs?
27 11 2009Je pense que ce passage est simplement mal compris souvent et on le fait dire des choses qui n’y sont pas. Je pense que ce passage n’est pas donc sur les aliments, mais sur ce qui rend l’homme impur.
Dans le passage de Marc 7, Yéshua mange avec des pharisiens et des enseignants de la Torah. Quelques-uns de ses disciples ne se sont pas lavés les mains avant de manger, et quelques pharisiens en étaient offensés, ou du moins étonnés.
En fait, au temps de Yéshua, les prêtres étaient obligés d’être rituellement purs, et donc devaient laver leurs mains régulièrement. Dans un souci de sanctification personnelle et en essayant d’amener une part de la sainteté du temple à la maison, des pharisiens ont commencé d’introduire la coutume du lavement des mains aussi à la maison avant de manger, surtout avant de manger du pain. Hillel avait d’ailleurs déclaré que chacun avait des mains impures car on ne pouvait pas savoir si les mains étaient vraiment pures (qu’avait-on touché? qu’avait touché la personne qu’on a peut-être touché?). La purification des mains est devenue systématique avant le repas, qu’il s’agisse de sacrifices, de Terouma (prélèvement des récoltes qu’on devait donner au prêtre et que ce dernier devait manger en état de pureté. ) ou d’aliments ordinaires. Cette exigence n’a été fixée que pour la consommation du pain, car c’est justement à l’état de pain que la Terouma était généralement consommée, le pain étant l’élément principal de la nourriture. Il est très bien possible qu’au temps de Yéshua, pas tout le monde observait encore cette « nouvelle » coutume, ce qui pourrait expliquer pourquoi certains des disciples de Yéshua se lavaient les mains, et d’autres pas.
Si les mains étaient effectivement impures, et on touchait la nourriture avec ces mains, la nourriture aussi serait devenu impure (imaginez un virus qui se propage, ou de la saleté qu’on transmet).
C’est dans un tel contexte que Yéshua explique que ce n’est pas une telle nourriture qui rend l’homme impur, mais ce qui rend l’homme impur, ce sont les mauvaises choses qui sortent de son cœur. Ce qui veut dire que ici Yéshua, n’a aucunement permis à ces disciples de manger n’importe quel aliment comme le porc ou les crevettes. Le débat ici n’est pas au sujet de la nourriture kashère, ou ce qui rendrait la nourriture kashère treif, mais sur ce qui rend l’homme impur. En Matthieu, Yéshua a d’ailleurs dit que rien de la Torah ne passerait, même pas un yod, avant que le ciel et la terre ne passent – et en ce qui me concerne, le ciel et la terre n’ont pas encore passé.
On pourrait aussi encore ajouter quelques considérations linguistiques:
en hébreu, il y a le mot tamai qui décrit une impureté intrinsèque, et tahor qui veut dire propre ou pur. En grec, il y a deux mots pour exprimer l’impureté, koinos et akathartos. Koinos désigne ce qui est rituellement impur (un aliment kashère peut donc être koinos, tout comme une personne, jusqu’à ce qu’on la purifie), tandis qu’akathartos désigne la même impureté intrinsèque que le mot hébreu tamai (quelque chose qui est akathartos ne peut pas être rendu pur; des animaux considérés comme tamai sont des reptiles, des porcs ou des chauve-souris qui sont en oppositions à des animaux considérés comme tahor – par exemple des bœufs et des moutons qui sont admis comme sacrifices).
La nourriture (kashère!) qu’avaient mangé les disciples sans se laver les mains ne les ont donc rendus impurs car l’omission du lavement des mains ne l’aurait pas rendu intrinsèquement impur mais à mon avis, Yéshua ne parle pas ici de ce que les disciples peuvent tout manger, mais des choses qui rendent véritablement impur l’humain: les mauvaises choses qui sortent de son cœur. Il n’y a donc pas de débat sur les règles alimentaires ici; Yéshua et ses disciples étaient et restaient des Juifs de leur temps, et alors que Yéshua mettait en question parfois certaines interprétations de la loi et certaines pratiques, et mettait en avant l’éthique plus que le rituel, mais jamais il ne mettait en doute l’autorité de la Torah.
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